Voici la deuxième partie de mon essai sur les questions fréquemment posées. La première partie a été mise en ligne la semaine dernière.
4. Question : L’utilisation des animaux par les êtres humains n’est-elle pas « traditionnelle » ou « naturelle » et, par conséquent, moralement justifiée?
Réponse : Non. Toute forme de discrimination dans l’histoire de l’humanité a été défendue par l’appel à la « tradition ». De manière routinière, on tente de justifier le sexisme en soutenant que les femmes sont traditionnellement les subalternes des hommes : « La place d’une femme est à la maison ». L’esclavage humain a été considéré comme une tradition dans la plupart des cultures, à un moment ou à un autre. Le fait que certaines pratiques puissent être qualifiées de traditionnelles n’a rien à voir avec l’acceptabilité morale de cette pratique.
En plus de s’appuyer sur la tradition, certains soutiennent que l’utilisation d’animaux est « naturelle » et en concluent qu’elle est donc moralement acceptable. Encore une fois, le fait qu’un comportement soit jugé naturel n’implique pas nécessairement qu’il soit moralement acceptable. Premièrement, à peu près toutes les formes de discrimination rencontrées dans l’histoire ont été décrites comme étant naturelles, autant que traditionnelles. Les deux notions sont même souvent utilisées de manière interchangeable. Nous avons tenté de justifier l’esclavage humain en soutenant qu’il respecte une hiérarchie naturelle entre les propriétaires d’esclaves et les esclaves. Nous avons prétendu justifier le sexisme en défendant qu’il représente la supériorité naturelle des hommes sur les femmes.

